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Certifié sans ratures ni fausses blessures.

Vise Moi ça

le 22/05/2008 à 04h19

             " Le Haschich du peuple"

                 

                 Chapitre Premier

                                           

                    Suite (2) 

            

Il prit sa course emballée dans un sac en plastique et rebroussa chemin vers la maison en trainant des pieds, le soleil lui cognait la nuque et une foule de petits cailloux se ruaient sur ses chevilles comme affamées. Il lui tardait de mettre au frais dans sa case, quand la vue de l’enseigne, sensée être lumineuse, d’un champignon téléphonique lui rappela qu’il devait appeler sa belle - puisqu’il l’a trouvait belle, lui – mais il dû procrastiner l’opération pour des motifs financiers : il le ne lui restait d’argent que pour prendre le bus qui devait l’emmener voir « petit suisse ». Résigné, parce que fauché par la roue de la fortune, il continua à trainer des pieds, tout en se coltinant aux doux souvenirs de Soad qu'il n’avait pas vu depuis neuf jours et ne ratera pas l’occasion de rappeler ça à sa charge. Il continua à trainer des pieds en pestant contre le soleil, les cailloux-piranhas, son sort et le maudit oiseau qui l’intriguât environ trois cent secondes plus tôt. Il enleva la sandale domestique avant de franchir la porte, histoire de ne pas aggraver son cas s’il le sort eut voulu que la sergent rentre pendant le ravitaillement. Il rentra d’un pas muet et inquiet, d’autant plus qu’il entendit des bruit inédit si on considère  le silence précédant son départ. Un bruit de vaisselle, la sergent est rentrée ! : L’idée se fracassait dans sa tête faisant plus de bruit que cette satanée vaisselle qui brouilla sa paix. Il camoufla subrepticement la chausse et entreprit vaillamment de se glisser dans sa chambre. Il entendit un chant, un peu faux, mais c’était bien quelqu’un qui poussait la chansonnette. La mère ne chantait jamais. Il soupira immédiatement rejetant du coup tout stress causé par ce remue ménage causé par la vaisselle, ainsi qu’un crachat aussi glauque que celui sus-décrit. Encore un destin à prendre en charge. Il l’a noyé dans la cuvette. Il se dirigea vers la cuisine, embrassa fort sa sœur et lui offrit le bout de ruminant qui lui semblait toujours avoir fumé de la bonne. Elle proposa dans sa joie de lui préparer le café.
Ne corse pas trop mon amande, toi-même tu sais ! dit-il en s’introduisant dans son cube. Avant d’ajouter : Maman et Oussama où sont-ils ?

- Ils sont au bled voir tante Rquia est malade, ils sont partis hier soir, ils reviennent demain midi normalement. Moi je crèche chez les voisins si tu veux savoir.
- Alors mange ton fromage avant de repartir si tu ne veux pas que cet affamé de porcelet qu’à rejeté la voisine te le gobe.
- D’accord.
- Fais-le, je te connais, tu ne sais jamais dire non et rentre passer la nuit ici, j’aurais quelque chose pour toi.
- D’accord.

Il s’inquiéta du caractère doux et docile de la générosité originelle de la petite et se satisfis de l’absence providentielle puisque rarissime du sergent. Il prit ses aises les clopes et le papier, alluma une et commença à rouler. Il se félicita de l’efficacité du « marteau » qu’il avait confectionné la vielle puisque son état n’était pas ouvert au dosage subtil ni au doigté délicat, mais bel et bien au bourrage de pipe. De la pipe, la veille, il ne disposait pas et dû se résigner à rouler un marteau qui réussit à l’assommer, si bien qu’il ne se réveilla point la nuit, lui qui a le sommeil aussi agité que la mère casse-pinne.

Vise Moi ça

le 21/05/2008 à 04h31

              " Le Haschich du peuple"


                   


                  Chapitre Premier


                       Suite



Il traversa la maison en à peine trois taffes, c’est bien pratique une maison de pauvre quand tu es en dèche de clopes, pensa-t-il. Aucunes représailles. Descendre ces escaliers, tordus et laminés par les passages effrontés et périodiques de toute une horde de mioches affamés à l’heure du déjeuner ou du goûter, lui dérangea l’esprit. Il senti que s’il eut été affronté à je ne sais quel type de situation singulière en ce moment précis, par exemple le passage en troupeau de gnous de ces petits, il eut surement débarrassé une ou deux familles de leurs fardeaux en envoyant leur nuques brisée à l’hosto. Il se réjouit du fait qu’on ne dinait pas dans cette maison et légua la tache de briser les rêves et les nuques des mioches aux autorités compétentes. Il accoste le jeune homme compétent en matière de cigarettes du peuple au nom bien noble de Marquise dont le prix est fixé ad vitam aeternam à un dirham marocain avec un :
- Sslamo3alikom
- T’as disparu cochon !
- Ça arrive.
- Ça doit être une bonne affaire ça.
- Une feuille. Deux clopes.
- Ou bien ton pote « petit suisse » t’as ramené une gaouria de France et tu t’es vautré avec elle dans de rouges nuits. Le marchand lui tend une Marquise nue.
- Et là je me réveille sur ta face de mégère. Tiens tes pièces !
- Hania l’ami. Je ne voulais que demander de tes nouvelles.
- Je vais bien. Oublie.
- Oublié. Thalla.
Il continua son chemin vers l’épicerie tout en pensant à cet échange avec Slimane le vendeur de clopes. Cet homme avait le dont de provoquer en lui une sorte d’instinct de fuite quand il lui parlait. Slimane était mesquin, souvent hypocrite et jaloux, surtout de ceux qui partageaient sa condition de démerdeur : Tous ces hommes qui vivaient de tous les trafics qu’offrait ce pays, à défaut de vrai emplois, tous ces guerriers qui vivait du corps à corps avec la vie dans lequel ils s’engageaient les mains liées, les poches vides, et les couilles pleines, et surtout, les yeux rivés sur les autres, ceux qui leur ressemblent. La vie pour eux, est une mêlée : il faut s’engager, cogner dur, encaisser les coups et les sous, suer, s’agripper, frayer son chemin pour sortir, s’en sortir, avec quelque chose tout en faisant gaffe à ne pas se faire trouer le con dans la confusion. Houssam se rendit compte qu’il avait aux pieds les sandales réservées aux manœuvres intra-domiciliaires mais continua son chemin, puisque qu'il avait quitté une maison qui était d’un air évacué et que, par la suite logique que doivent respecter les idées, il en était arrivé à considérer que personne ne sera là à son retour pour lui en faire le procès. Il regarda la troposphère et ne teint cure de ses humeurs et couleurs puisqu’il voulu savoir quel genre de volatile pouvait bien crier si désespérément. Il ne le vit pas. Le jeune homme arrive chez l’épicier qui s’accoudait au comptoir de son commerce en écoutant la radio berbère, malgré la chaleur d’un soleil de midi fière, comme une civilisation, de son rayonnement. Le commerçant se redressa languissant de la fièvre atmosphérique pour le regarder d’un œil morne mais disponible.
- Ssalamou3alaykom.
- Wa3alikomssalam.
- Une demi-baguette, pas trop dure et une portion de La Vache Qui Rit. Demandes qu’il formulât après avoir scruté rapidement la case en verre contenant le pain placé à gauche du comptoir.
L’épicier s’exécuta rapidement et lui proposa de choisir sa demi-baguette ainsi que le tartinage. Houss’ choisit son pain nu et cita Napoléon à l’épicier qui s’étonna secrètement, tout en encaissant, de savoir que l’Empereur était un familier du jeune homme.

Vise Moi ça

le 20/05/2008 à 03h16
Il leur faudra inventer des maux pour me raconter.

Vise Moi ça

le 13/05/2008 à 23h34

Le rôti de pauvres.


Lissafa ? Une zone industrielle inaugurée à grandes pompes, comme le veulent nos « spécificités nationales », il y quelques années. Les chants makhzeniens y avaient promit richesse et prospérité. Qu’en est-t-il advenu de tout ça ? Quelques usines dignes des manufactures anglaises du XIXème siècle parsemées dans des terrains en friche. On y exploite massivement une main d’œuvre paupérisé pour les besoins d’une économie de rentiers.

Zone industrielle ? Appelons plutôt ça purgatoire dans lequels on envoi des sous-hommes expier leur misère. Cela suffit-il ? Bien évidemment que non. Il fallait les y enfermer, pour bien se protéger de la famine des ces ingrats qui n’étaient même pas foutus de respecter l’instrument de leur délivrance. Que s’est-il passé ? On pourrait se dire que la bienveillance du patron -- du latin patronus , « protecteur » -- ne fut pas satisfaite de voir cette mauvaise fournée bruler à petit feu et qu’il fut, dans un geste de bonté, amené à transformer le purgatoire en Enfer. Le fin mot de l’histoire ? 55 morts, 12 blessés selon le premier bilan, très curieusement définitif.

Après ? On a assisté au ballet habituel de la presse valetaille makhzénienne, aux enquêtes et reportages larmoyants et misérabilistes, à la mise en scène de la charité publique, qui se fout foncièrement et littéralement de l’hôpital, à l’autodafé médiatique du saint patron. Que de bruit. Que de fumée. Ce que l’on fait semblent d’oublier et que l’on veut faire oublier, c’est que cet « incident » n’est pas une anomalie du système, ni une faille dans le fonctionnement de la machine économique, mais bien un simple dommage collatéral, une externalité. On pourrait même dire que gavé des les manger tout crus, le système les a préférés cette fois rôtis. La preuve en est qu’aucune grosse tête ne va tomber, que seul le patron et quelques fonctionnaires vont y crever en martyres. Une dizaine de carrières brisées contre des centaines de vies mutilées, le makhzen est bon en maths.

Le makhzen sait très bien que pour éviter de se bruler ainsi les doigts il devrait tout bonnement se suicider : réformer la constitution, séparer les pouvoirs, garantir la liberté d’expression, assainir les institutions publiques, bref, se transformer en démocratie. Mais notre bon vieux makhzen est un animal politique acharné : il va multiplier les remontrances, s’activer en chantiers, se fêter en festivals, s’acheter des routes et des trains, des frégates et des avions de chasse, tout cela avec notre argent bien sur. Il se ruine, il s’épuise tandis que nous brulons de le voir en cendre.

Vise Moi ça

le 12/05/2008 à 23h37

« Le Haschisch du peuple»

 

                                                     Chaptire premier


Trrrrrrrrrrrrrrrrrrrr.
Le bruit tonitruant d’une moto roulant à quelques mètres de son lit le réveilla hébété. Nulle pensée ne put se former dans son esprit pendant le passage de l’engin où  il fut réduit à constater impuissamment qu’il avait des tympans et que ces derniers étaient assez sensibles aux passages de certains véhicules.  Une toux effroyable lui secoua les deux poumons pour en extirper un crachat qu’il serait bien malséant de décrire. Le destin de cette viscosité le préoccupa un instant avant qu’il ne se résigne à le confier à un mouchoir en papier qu’il attrapa, au prix d’un étirement assez pénible du bras droit, bien évidemment dans la main droite. Il maudit religieusement Hamid, ce bandit fils de scélérat et du même coup sa famille, sa religion et émit en privé des déclarations mettant en doute les orientations sexuelles communément admises du scélérat père de bandits et de prostituées, puisque Hamid n’était en effet qu’un actionnaire de l’entreprise familiale. Il maudit également l’instrument du diable qu’enfourchait ce criminel, une Peugeot 103 SP kitéisée pour les besoins du métier.  Ceci dit, il maudit religieusement sans trop y croire, sans en fait y croire du tout, puisque pour lui, toutes ces questions métaphasiques et théologiques étaient des plus subsidiaires, seule le préoccupait la manière dont il devait se sortir de sa merde natale dans laquelle il continuait à patauger. Un mouchoir souillé était bien palpable, quant à Dieu…Le destin du mouchoir en papier contenant la viscosité qu’on s’est refusé de détailler l’aspect par civilité s’imposa à lui comme une question qu’il résout en balançant son bras en dessous du lit. Il entreprit d’essayer de se rendormir. Fermant les yeux, il ressentit un voile rêche lui couvrir tout le corps ainsi que l’impression d’avoir avalé une quantité de plomb. Il n’eut pas cru que son voyage, qui dura une semaine, allait endommager si profondément son état de santé, mais les perspectives d’avenir qui s’en dégageaient valaient amplement toute cette peinante et hasardeuse entreprise.
Il balaya sa chambre du regard pour se distraire, mais eut bien vite à le regretter, puisqu’il découvrit la présence clandestine d’un lézard lézardant sur le mur en face de ses yeux consternés. Il pensa toute de suite à sa mère, la simple et bénigne vue d‘un de ces reptiles, qui n’était là que pour réguler sa température intérieure, inspirait à la bonne femme le plus profond dégout, sans parler des superstitions selon lesquelles ce paisible animal deviendrait, au contact du sel, l’agent d’une maladie incurable, lberss , auxquelles elle adhérait sans le moindre scepticisme. Tuer le reptile lui semblait être bien plus raisonnable que de tenter de le démystifier auprès de sa mère puisque l’opération serait l’occasion pour cette dernière de lui rappeler qu’il n’était pas médecin et que d’ailleurs; et c’est bien exactement cette constatation – objective - qu’il voulait esquiver; il ne fut même pas foutu d’avoir son bac. Les seules issues qui l’eurent ménagé étaient le contact télépathique ou la mort subite et inexplicable du quadrupède – d’ailleurs l’était-il vraiment, quadrupède ? – mais l’une n’était absolument pas pragmatique et l’autre fort peu probable. L’alternative cruelle, occire discrètement le clandestin ou risquer les foudres verbales de la mère, ne lui laissa aucune marge de manœuvre. Le moment n’est pas à la tergiversation ni au doute méthodique quant au bien fondé des croyances maternelles. Un balai providentiel en situation et position régulières se tenait à l’autre bout de la chambre, à deux mètres et des broutilles. Il prit son courage à une main, car l’autre devait servir à saisir le balai, et se leva, d’un coup. Il senti un virevoltant vertige le prendre, il s’appuya des mollets sur la bordure du lit et de la main libre sur le mur. Il pense maintenant à torturer l’animal.  Le vertige se dissipe ainsi que sa pensée délictuelle et il marche maintenant vers le bout de bois, le saisit et achève d’un coup l’affaire qu’il mit dans un sac plastique destiné à la poubelle.
Il s’assit sur son lit pour se remettre de toute cette agitation. Il a envie de fumer, il a maintenant besoin de fumer et dans ce pays on ne badine pas avec le syndrome de sevrage, si bien que le makhzen veille bien à ce que tout le monde soit bien approvisionné, au prix stationnaire et unitaire d’un dirham, des cigarettes plébéiennes qui portent le nom bien aristocratique de Marquise. Il trouve en en cherchant dans les poches de son futal ce dernier dans un lamentable état : il fallait le cacher de la vindicte de la mère, et réalisa, par la même manœuvre, qu’il ne lui restait plus de clopes. Il devait quitter sa chambre, traverser le séjour, le couloir menant à la porte d’entrée qu’il fallait déverrouiller pour accéder à l’extérieur. Tout cela devrait être exécuté avec la grande discrétion, dans le plus profond mutisme, pour ne pas attirer l’attention de la mère puisqu’il n’était point préparé à l’entretien exhaustif, ayant pour thème le voyage, auquel elle risquait fort de le soumettre. Il palpa visuellement la situation par l’entrouverture de la porte ainsi qu’il huma sonorement le contexte ; l’ambiance était monacale et le bilan, du coup, positif : il pouvait sortir.

Racisme et culture.

le 03/07/2007 à 23h40
Extraits de l'intervention de Frantz Fanon au premier Congrès des écrivains et artistes noirs à Paris, septembre 1956. Publié in "Pour une révolution Africaine, écrits politiques de Frantz Fanon" Editions La Découverte.

(...)
  Mais l’homme visé par le racisme, le groupe sociale asservi, exploité, désubstansialisé, comment se comportent-ils ? Quels sont les mécanismes de défense ?
Quelles attitudes découvrons-nous ici ?
   Dans une première phase, on a vu l’occupant légitimer sa domination par des arguments scientifiques, la « race inférieure » se nier en tant que race. Parce que nulle autre solution ne lui est laissée, le groupe social racialisé essaie d’imiter l’oppresseur et par là le déracialiser. La « race inférieure » se nie en tant que race différente. Elle partage avec la race supérieure les convictions, doctrines et autres attendus la concernant.
   Ayant assisté à la liquidation de ses systèmes de référence, à l’écroulement de ses schèmes culturels, il ne reste plus à l’autochtone qu’à reconnaître avec l’occupant que « Dieu n’est pas de son coté ». L’oppresseur par le caractère globale et effrayant de son autorité, en arrive à imposer à l’autochtone de nouvelles façons de voir, singulièrement un jugement péjoratif à l’égard de ses formes originales d’exister.
   Cet événement désigné communément aliénation est naturellement très important. On le trouve dans les textes officiels sous le nom d’assimilation.
   Or cette aliénation n’est jamais totalement réussie. Parce que l’oppresseur quantitativement et qualitativement limite l’évolution, des phénomènes imprévus, hétéroclites, font leur apparition.
   Le groupe infériorisé avait admis, la force de raisonnement étant implacable, que ses malheurs procédaient directement de ses caractéristiques raciales et culturelles.
   Culpabilité et infériorité sont les conséquences de cette dialectique. L’opprimé tente alors d’y échapper d’une part en proclamant son adhésion totale et inconditionnelle aux nouveaux modèles culturels, d’autre part en prononçant une condamnation irréversible de son style culturel propre.
   Pourtant la nécessité pour l’oppresseur, à un moment donné, de dissimuler les formes d’exploitation n’entraîne pas la disparition de cette dernière. Les rapports économiques plus élaborés, moins grossiers, exigent un revêtement quotidien mais l’aliénation à ce niveau demeure épouvantable.
   Ayant jugé, condamné, abandonné ses formes culturelles, son langage, son alimentation, ses démarches sexuelles,  sa façon de s’asseoir, de se reposer, de rire, de se divertir, l’opprimé, avec l’énergie et la ténacité du naufragé, se rue sur la culture imposée.
  Développant ses connaissances techniques au contact de machines de plus en plus perfectionnées, entrant dans le circuit dynamique de la production industrielle, rencontrant des hommes de régions éloignées dans le cadre de la concentration des capitaux, donc des lieux de travail, découvrant la chaîne, l’équipe, le temps de production, c’est-à-dire le rendement à l’heure, l’opprimé constate comme un scandale, le maintient à son égard du racisme et du mépris.
  C’est à ce niveau qu’on fait du racisme une histoire de personnes. « Il existe quelques racistes indécrottables, mais avouez que l’ensemble de la population aime… »
  Avec le temps tout cela disparaîtra.
  Ce pays est le moins raciste…
   Il existe à l’ONU une commission chargée de lutter contre le racisme.
   Des films sur le racisme, des poètes sur le racisme, des messages sur le racisme…
   Les condamnations spectaculaires et inutiles du racisme. La réalité est qu’un pays colonial est un pays raciste. Si en Angleterre, en Belgique ou en France, en dépit des principes démocratiques affirmés par ces nations respectives, il se trouve encore des racistes, ce sont ces racistes qui, contre l’ensemble du pays, ont raison.
   Il n’est pas possible d’asservir des hommes sans logiquement les inférioriser de part en part. Et le racisme n’est que l’explication émotionnelle, affective, quelques fois intellectuelle de cette infériorisation.
  Le raciste dans une culture avec racisme est donc normal. L’adéquation des rapports économiques et de l’idéologie est chez lui parfaite. Certes l’idée que l’ont se fait de l’homme n’est jamais totalement dépendante des rapports économiques, c’est-à-dire, ne l’oublions pas, des rapports historiquement et géographiquement entre les hommes et les groupes. Des membres de plus en plus nombreux appartenant à des sociétés racistes prennent position. Ils mettent leur vie au service d’un monde où le racisme serait impossible. Mais ce recul, cette abstraction, cet engagement solennel ne sont pas à la portée de tous. On ne peut exiger sans dommages d’un homme qu’il soit contre les « préjugés de son groupe ».
  Or, redisons-le, tout groupe colonialiste est raciste.
  A la fois « acculturé » et déculturé, l’opprimé continue à buter contre le racisme. Il trouve illogique cette séquelle. Inexplicable ce qu’il a dépassé, sans motif, inexact. Ses connaissances, l’appropriation de techniques précises et compliquées, quelques fois sa supériorité intellectuelle, eu égard à un grand nombre de racistes, l’amènent à qualifier le monde raciste de passionnel. Il s’aperçoit que l’atmosphère raciste imprègne tous les éléments de la vie sociale. Le sentiment d’une injustice accablante est alors très vif. Oubliant le racisme-conséquence on s’acharne sur le racisme cause. Des campagnes de désintoxication sont entreprises. On fait appel au sens de l’humain, à l’amour, au respect des valeurs suprêmes…
  En fait le racisme obéit à une logique sans faille. Un pays qui vit, tire sa substance de l’exploitation de peuples différents, infériorise ces peuples. Le racisme appliqué à ces peuples est normal.
  Le racisme n’est pas donc une constante de l’esprit humain.
  Il est, nous l’avons vu, une disposition inscrite dans un système déterminée.
 (…)
  Découvrant l’inutilité de son aliénation, l’approfondissement, l’infériorisé, après cette phase de déculturation, d’extranéisation, retrouve des positions originales.
  Cette culture abandonnée, quittée, rejetée, méprisée, l’infériorisé s’y engage avec passion. Il existe une surenchère très nette s’apparentant au désir de se faire pardonner.
  P.S : Ce n'est qu'une première partie, parce que c'est chiant de copier...

Il nous faut donc communiquer. Un concept tout droit sorti du cerveau encrassé d’un publicitaire véreux. Une manie de cocus, car au fond, pensent ils, qu’est ce que la communication ? Un échange. Il faut donc que je me libéralise, que je tatcherise, que je me reaganise, que je me bushise enfin que je me Sarkossise. Ce qui indéniablement peut paraître pour un beauf comme une prière de gauchiste à l’esprit bon enfant n’est que l’introduction du marché dans la sphère privée. Il faut savoir se vendre ! nous affirment les putes de Publicis. Se vendre à ses parent, ses copains, aux filles pour leur extirper ce qu’on « doit » et qu’on nous a appris à vouloir. De la même manière qu’il faut savoir se vendre à son recruteur pour qu’il puisse daigner vous exploiter l’esprit tranquille, sans que vous puissiez faire preuve d’un manque de soumission, pardon… de motivation. Il est donc impératif d’avoir une stratégie de communication efficace dans cette guerre de tous contre tous, car malgré l’esprit Benetton ambiant  et consternant de niaiserie, l’homme reste tout de même un loup pour l’homme. Ah les gentil communicants ! Il ne rêvent que d’une chose : que les hommes, et surtout les femmes, deviennent tous leurs brebis ! Bande d’ingrats ! On ne vous manipub que pour votre bien ! Car après tout, les moutons on ne fait que les toiser, alors que les loups sont carrément dépecés. Je m’épargnerai la souffrance de transcrire toute cette avalanche de slogans gras et lourds , devenus rances à force de se frotter aux esprits serviles de la masse. J’épargnerai du coup à vos narines toute cette puanteur sortie des culs péteux des publicitaires. Mais on en a tellement humé qu’on en est accros et que la vie nous semble impossible sans toutes ces invectives contre nos libertés. J’ose à peine imaginer un monde sans pub. Et franchement, une telle pensée ne m’inspire qu’angoisse. J’aurais alors à définir moi-même mon identité, mon mode de vie, ma morale, mes besoins, mes idéaux, comment manger, pourquoi travailler, mon self-esteem… La même angoisse qu’ont dû ressentir les occidentaux ils y a cinquante ans face à une vie sans le curé et sa messe du dimanche avant de troquer leurs bibles et leur eau bénite contre un catalogue La Redoute et un Coca bien frais.

Souvent, j’ai le sentiment étouffant et entièrement lucide que ma vie est la négation sèche et sans nuances de ce que je pense. Cette prise de conscience a poignardé mon orgueil quand il y a quelques jours quand je caressais du regard un beau modèle, biodégradable et en trois dimensions, de féminité à l’occidentale. Je me souvins alors de ces phrases écrites par mon admirable acolyte Vins quelques jours auparavant : « En amour, je trouve invraisemblable que certains distinguent des dégoûts basés sur des critères esthétiques. Combien de fascistes s'affichent en criant haro sur "les rousses"?
A l'image d'un fruit inconnu, à peine mis en bouche et déjà recraché. Le palais n'a pas son mot à dire, le précieux fruit était étiquette "pas cool" bien avant d'être mis à l'étalage. De palais à laid , il n'y a qu'un pas.
Cependant, en ce qui concerne les femmes, je dois avouer mon penchant pour les bourgeoises refoulées et les arabes assumées. En fait les petites oppressées, dans un registre différent certes, mais ayant en commun qu'elles sont victimes de leur statut. D'un côté, les bourgeoises refoulées. Je parle de celles qui portent avec courage le fric de leur parents comme on porte un pack de lait, lourd et déséquilibrant. Pas celles qui vous font croire qu'elles ont tous lâché, alors que leurs pagnes tibétains les trahissent. C'est pas très lourd à porter mais tout de même, avoir de l'argent est - à juste titre d'ailleurs - de plus en plus mal vu. De l'autre côté, les arabes assumées. Elles bénéficient d'un effet de groupe, qui les rend intouchable quand à leur statut de victime. Après les juifs puis les noirs, et depuis leur titre vaillamment conquis un bel après-midi de septembre 2001,  personne ne peut contester aux arabes le titre de souffre-couleur officiel de l'état français. » Génial constat. D’autant plus que parler des filles à notre époque ne saurait se faire sans une dose de machisme vulgaire ou de niaiserie pseudo romantique, comme si l’on était obligé de zapper continuellement d’un film X à « ça se discute ». Ah ! L’amour avec l’arabe assumée ou la bourgeoise refoulée ! Ce sera une Lutte ! Tour à tour camarades et adversaires, loin de cet esprit de ménagère machiste et soumise du genre : « j’adore faire plaisir à mon homme », ou l’autre faussement et cyniquement féministe soufflé par une vendeuse du magazine « Elle » du style : « je me fais plaisir d’abord » et encore plus éloigné de cette prière creuse qu’est la communion sensuelle entre deux corps. Ce sera une lutte vous dis-je ! L’armée des ombres marchera sur nos deux corps suants l’Internationale. Planqués dans le maquis de notre lit nous saboterons l’ennui d’une vie monotone.  Entre nous, point d’Union Sacrée ou d’Entente Cordiale mais la Lutte Finale qui aboutira sur l’orgasme juste et qui accouchera d’un nouveau révolté. Je panserai mes plaies de prolétaire en la débarrassant de sa vaine culpabilité. Nous bloquerons les usines de coït préfabriqué tout en gouttant aux plaisirs de la chaire à canons. Nous referons la décolonisation, ou plutôt nous la ferons, en briguant les mains prêtes à griffer et les bouches prêtes à mordre comme seuls armes. Dans notre misérable chambre ce sera la Commune derrière des barricades d’infini amour. Notre mépris solidaire de l’esprit de masse sera la Ligne Maginot qui nous séparera des restes du monde. Nous prendrons cette bastille faite de briques de bassesse humaine et cimentée de soumissions. Nos corps se jetteront l’un sur l’autre comme un pavé à la gueule d’un CRS. Et au point cul-minant de cet attentat à la pudeur –mon- nos âme-s déchiquetée-s d’allégresse crier-a-ons « Allah Akbar » sans aucune retenue ni gêne.