Certifié sans ratures ni fausses blessures.

Vise Moi ça

le 21/05/2008 à 04h31

              " Le Haschich du peuple"


                   


                  Chapitre Premier


                       Suite



Il traversa la maison en à peine trois taffes, c’est bien pratique une maison de pauvre quand tu es en dèche de clopes, pensa-t-il. Aucunes représailles. Descendre ces escaliers, tordus et laminés par les passages effrontés et périodiques de toute une horde de mioches affamés à l’heure du déjeuner ou du goûter, lui dérangea l’esprit. Il senti que s’il eut été affronté à je ne sais quel type de situation singulière en ce moment précis, par exemple le passage en troupeau de gnous de ces petits, il eut surement débarrassé une ou deux familles de leurs fardeaux en envoyant leur nuques brisée à l’hosto. Il se réjouit du fait qu’on ne dinait pas dans cette maison et légua la tache de briser les rêves et les nuques des mioches aux autorités compétentes. Il accoste le jeune homme compétent en matière de cigarettes du peuple au nom bien noble de Marquise dont le prix est fixé ad vitam aeternam à un dirham marocain avec un :
- Sslamo3alikom
- T’as disparu cochon !
- Ça arrive.
- Ça doit être une bonne affaire ça.
- Une feuille. Deux clopes.
- Ou bien ton pote « petit suisse » t’as ramené une gaouria de France et tu t’es vautré avec elle dans de rouges nuits. Le marchand lui tend une Marquise nue.
- Et là je me réveille sur ta face de mégère. Tiens tes pièces !
- Hania l’ami. Je ne voulais que demander de tes nouvelles.
- Je vais bien. Oublie.
- Oublié. Thalla.
Il continua son chemin vers l’épicerie tout en pensant à cet échange avec Slimane le vendeur de clopes. Cet homme avait le dont de provoquer en lui une sorte d’instinct de fuite quand il lui parlait. Slimane était mesquin, souvent hypocrite et jaloux, surtout de ceux qui partageaient sa condition de démerdeur : Tous ces hommes qui vivaient de tous les trafics qu’offrait ce pays, à défaut de vrai emplois, tous ces guerriers qui vivait du corps à corps avec la vie dans lequel ils s’engageaient les mains liées, les poches vides, et les couilles pleines, et surtout, les yeux rivés sur les autres, ceux qui leur ressemblent. La vie pour eux, est une mêlée : il faut s’engager, cogner dur, encaisser les coups et les sous, suer, s’agripper, frayer son chemin pour sortir, s’en sortir, avec quelque chose tout en faisant gaffe à ne pas se faire trouer le con dans la confusion. Houssam se rendit compte qu’il avait aux pieds les sandales réservées aux manœuvres intra-domiciliaires mais continua son chemin, puisque qu'il avait quitté une maison qui était d’un air évacué et que, par la suite logique que doivent respecter les idées, il en était arrivé à considérer que personne ne sera là à son retour pour lui en faire le procès. Il regarda la troposphère et ne teint cure de ses humeurs et couleurs puisqu’il voulu savoir quel genre de volatile pouvait bien crier si désespérément. Il ne le vit pas. Le jeune homme arrive chez l’épicier qui s’accoudait au comptoir de son commerce en écoutant la radio berbère, malgré la chaleur d’un soleil de midi fière, comme une civilisation, de son rayonnement. Le commerçant se redressa languissant de la fièvre atmosphérique pour le regarder d’un œil morne mais disponible.
- Ssalamou3alaykom.
- Wa3alikomssalam.
- Une demi-baguette, pas trop dure et une portion de La Vache Qui Rit. Demandes qu’il formulât après avoir scruté rapidement la case en verre contenant le pain placé à gauche du comptoir.
L’épicier s’exécuta rapidement et lui proposa de choisir sa demi-baguette ainsi que le tartinage. Houss’ choisit son pain nu et cita Napoléon à l’épicier qui s’étonna secrètement, tout en encaissant, de savoir que l’Empereur était un familier du jeune homme.

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