" Le Haschich du peuple"
Chapitre Premier
Suite (2)
Il prit sa course emballée dans un sac en plastique et rebroussa chemin vers la maison en trainant des pieds, le soleil lui cognait la nuque et une foule de petits cailloux se ruaient sur ses chevilles comme affamées. Il lui tardait de mettre au frais dans sa case, quand la vue de l’enseigne, sensée être lumineuse, d’un champignon téléphonique lui rappela qu’il devait appeler sa belle - puisqu’il l’a trouvait belle, lui – mais il dû procrastiner l’opération pour des motifs financiers : il le ne lui restait d’argent que pour prendre le bus qui devait l’emmener voir « petit suisse ». Résigné, parce que fauché par la roue de la fortune, il continua à trainer des pieds, tout en se coltinant aux doux souvenirs de Soad qu'il n’avait pas vu depuis neuf jours et ne ratera pas l’occasion de rappeler ça à sa charge. Il continua à trainer des pieds en pestant contre le soleil, les cailloux-piranhas, son sort et le maudit oiseau qui l’intriguât environ trois cent secondes plus tôt. Il enleva la sandale domestique avant de franchir la porte, histoire de ne pas aggraver son cas s’il le sort eut voulu que la sergent rentre pendant le ravitaillement. Il rentra d’un pas muet et inquiet, d’autant plus qu’il entendit des bruit inédit si on considère le silence précédant son départ. Un bruit de vaisselle, la sergent est rentrée ! : L’idée se fracassait dans sa tête faisant plus de bruit que cette satanée vaisselle qui brouilla sa paix. Il camoufla subrepticement la chausse et entreprit vaillamment de se glisser dans sa chambre. Il entendit un chant, un peu faux, mais c’était bien quelqu’un qui poussait la chansonnette. La mère ne chantait jamais. Il soupira immédiatement rejetant du coup tout stress causé par ce remue ménage causé par la vaisselle, ainsi qu’un crachat aussi glauque que celui sus-décrit. Encore un destin à prendre en charge. Il l’a noyé dans la cuvette. Il se dirigea vers la cuisine, embrassa fort sa sœur et lui offrit le bout de ruminant qui lui semblait toujours avoir fumé de la bonne. Elle proposa dans sa joie de lui préparer le café.
Ne corse pas trop mon amande, toi-même tu sais ! dit-il en s’introduisant dans son cube. Avant d’ajouter : Maman et Oussama où sont-ils ?
- Ils sont au bled voir tante Rquia est malade, ils sont partis hier soir, ils reviennent demain midi normalement. Moi je crèche chez les voisins si tu veux savoir.
- Alors mange ton fromage avant de repartir si tu ne veux pas que cet affamé de porcelet qu’à rejeté la voisine te le gobe.
- D’accord.
- Fais-le, je te connais, tu ne sais jamais dire non et rentre passer la nuit ici, j’aurais quelque chose pour toi.
- D’accord.
Il s’inquiéta du caractère doux et docile de la générosité originelle de la petite et se satisfis de l’absence providentielle puisque rarissime du sergent. Il prit ses aises les clopes et le papier, alluma une et commença à rouler. Il se félicita de l’efficacité du « marteau » qu’il avait confectionné la vielle puisque son état n’était pas ouvert au dosage subtil ni au doigté délicat, mais bel et bien au bourrage de pipe. De la pipe, la veille, il ne disposait pas et dû se résigner à rouler un marteau qui réussit à l’assommer, si bien qu’il ne se réveilla point la nuit, lui qui a le sommeil aussi agité que la mère casse-pinne.
