Certifié sans ratures ni fausses blessures.

Le Haschich du peuple.

Vise Moi ça

le 22/05/2008 à 04h19

             " Le Haschich du peuple"

                 

                 Chapitre Premier

                                           

                    Suite (2) 

            

Il prit sa course emballée dans un sac en plastique et rebroussa chemin vers la maison en trainant des pieds, le soleil lui cognait la nuque et une foule de petits cailloux se ruaient sur ses chevilles comme affamées. Il lui tardait de mettre au frais dans sa case, quand la vue de l’enseigne, sensée être lumineuse, d’un champignon téléphonique lui rappela qu’il devait appeler sa belle - puisqu’il l’a trouvait belle, lui – mais il dû procrastiner l’opération pour des motifs financiers : il le ne lui restait d’argent que pour prendre le bus qui devait l’emmener voir « petit suisse ». Résigné, parce que fauché par la roue de la fortune, il continua à trainer des pieds, tout en se coltinant aux doux souvenirs de Soad qu'il n’avait pas vu depuis neuf jours et ne ratera pas l’occasion de rappeler ça à sa charge. Il continua à trainer des pieds en pestant contre le soleil, les cailloux-piranhas, son sort et le maudit oiseau qui l’intriguât environ trois cent secondes plus tôt. Il enleva la sandale domestique avant de franchir la porte, histoire de ne pas aggraver son cas s’il le sort eut voulu que la sergent rentre pendant le ravitaillement. Il rentra d’un pas muet et inquiet, d’autant plus qu’il entendit des bruit inédit si on considère  le silence précédant son départ. Un bruit de vaisselle, la sergent est rentrée ! : L’idée se fracassait dans sa tête faisant plus de bruit que cette satanée vaisselle qui brouilla sa paix. Il camoufla subrepticement la chausse et entreprit vaillamment de se glisser dans sa chambre. Il entendit un chant, un peu faux, mais c’était bien quelqu’un qui poussait la chansonnette. La mère ne chantait jamais. Il soupira immédiatement rejetant du coup tout stress causé par ce remue ménage causé par la vaisselle, ainsi qu’un crachat aussi glauque que celui sus-décrit. Encore un destin à prendre en charge. Il l’a noyé dans la cuvette. Il se dirigea vers la cuisine, embrassa fort sa sœur et lui offrit le bout de ruminant qui lui semblait toujours avoir fumé de la bonne. Elle proposa dans sa joie de lui préparer le café.
Ne corse pas trop mon amande, toi-même tu sais ! dit-il en s’introduisant dans son cube. Avant d’ajouter : Maman et Oussama où sont-ils ?

- Ils sont au bled voir tante Rquia est malade, ils sont partis hier soir, ils reviennent demain midi normalement. Moi je crèche chez les voisins si tu veux savoir.
- Alors mange ton fromage avant de repartir si tu ne veux pas que cet affamé de porcelet qu’à rejeté la voisine te le gobe.
- D’accord.
- Fais-le, je te connais, tu ne sais jamais dire non et rentre passer la nuit ici, j’aurais quelque chose pour toi.
- D’accord.

Il s’inquiéta du caractère doux et docile de la générosité originelle de la petite et se satisfis de l’absence providentielle puisque rarissime du sergent. Il prit ses aises les clopes et le papier, alluma une et commença à rouler. Il se félicita de l’efficacité du « marteau » qu’il avait confectionné la vielle puisque son état n’était pas ouvert au dosage subtil ni au doigté délicat, mais bel et bien au bourrage de pipe. De la pipe, la veille, il ne disposait pas et dû se résigner à rouler un marteau qui réussit à l’assommer, si bien qu’il ne se réveilla point la nuit, lui qui a le sommeil aussi agité que la mère casse-pinne.

Vise Moi ça

le 21/05/2008 à 04h31

              " Le Haschich du peuple"


                   


                  Chapitre Premier


                       Suite



Il traversa la maison en à peine trois taffes, c’est bien pratique une maison de pauvre quand tu es en dèche de clopes, pensa-t-il. Aucunes représailles. Descendre ces escaliers, tordus et laminés par les passages effrontés et périodiques de toute une horde de mioches affamés à l’heure du déjeuner ou du goûter, lui dérangea l’esprit. Il senti que s’il eut été affronté à je ne sais quel type de situation singulière en ce moment précis, par exemple le passage en troupeau de gnous de ces petits, il eut surement débarrassé une ou deux familles de leurs fardeaux en envoyant leur nuques brisée à l’hosto. Il se réjouit du fait qu’on ne dinait pas dans cette maison et légua la tache de briser les rêves et les nuques des mioches aux autorités compétentes. Il accoste le jeune homme compétent en matière de cigarettes du peuple au nom bien noble de Marquise dont le prix est fixé ad vitam aeternam à un dirham marocain avec un :
- Sslamo3alikom
- T’as disparu cochon !
- Ça arrive.
- Ça doit être une bonne affaire ça.
- Une feuille. Deux clopes.
- Ou bien ton pote « petit suisse » t’as ramené une gaouria de France et tu t’es vautré avec elle dans de rouges nuits. Le marchand lui tend une Marquise nue.
- Et là je me réveille sur ta face de mégère. Tiens tes pièces !
- Hania l’ami. Je ne voulais que demander de tes nouvelles.
- Je vais bien. Oublie.
- Oublié. Thalla.
Il continua son chemin vers l’épicerie tout en pensant à cet échange avec Slimane le vendeur de clopes. Cet homme avait le dont de provoquer en lui une sorte d’instinct de fuite quand il lui parlait. Slimane était mesquin, souvent hypocrite et jaloux, surtout de ceux qui partageaient sa condition de démerdeur : Tous ces hommes qui vivaient de tous les trafics qu’offrait ce pays, à défaut de vrai emplois, tous ces guerriers qui vivait du corps à corps avec la vie dans lequel ils s’engageaient les mains liées, les poches vides, et les couilles pleines, et surtout, les yeux rivés sur les autres, ceux qui leur ressemblent. La vie pour eux, est une mêlée : il faut s’engager, cogner dur, encaisser les coups et les sous, suer, s’agripper, frayer son chemin pour sortir, s’en sortir, avec quelque chose tout en faisant gaffe à ne pas se faire trouer le con dans la confusion. Houssam se rendit compte qu’il avait aux pieds les sandales réservées aux manœuvres intra-domiciliaires mais continua son chemin, puisque qu'il avait quitté une maison qui était d’un air évacué et que, par la suite logique que doivent respecter les idées, il en était arrivé à considérer que personne ne sera là à son retour pour lui en faire le procès. Il regarda la troposphère et ne teint cure de ses humeurs et couleurs puisqu’il voulu savoir quel genre de volatile pouvait bien crier si désespérément. Il ne le vit pas. Le jeune homme arrive chez l’épicier qui s’accoudait au comptoir de son commerce en écoutant la radio berbère, malgré la chaleur d’un soleil de midi fière, comme une civilisation, de son rayonnement. Le commerçant se redressa languissant de la fièvre atmosphérique pour le regarder d’un œil morne mais disponible.
- Ssalamou3alaykom.
- Wa3alikomssalam.
- Une demi-baguette, pas trop dure et une portion de La Vache Qui Rit. Demandes qu’il formulât après avoir scruté rapidement la case en verre contenant le pain placé à gauche du comptoir.
L’épicier s’exécuta rapidement et lui proposa de choisir sa demi-baguette ainsi que le tartinage. Houss’ choisit son pain nu et cita Napoléon à l’épicier qui s’étonna secrètement, tout en encaissant, de savoir que l’Empereur était un familier du jeune homme.

Vise Moi ça

le 12/05/2008 à 23h37

« Le Haschisch du peuple»

 

                                                     Chaptire premier


Trrrrrrrrrrrrrrrrrrrr.
Le bruit tonitruant d’une moto roulant à quelques mètres de son lit le réveilla hébété. Nulle pensée ne put se former dans son esprit pendant le passage de l’engin où  il fut réduit à constater impuissamment qu’il avait des tympans et que ces derniers étaient assez sensibles aux passages de certains véhicules.  Une toux effroyable lui secoua les deux poumons pour en extirper un crachat qu’il serait bien malséant de décrire. Le destin de cette viscosité le préoccupa un instant avant qu’il ne se résigne à le confier à un mouchoir en papier qu’il attrapa, au prix d’un étirement assez pénible du bras droit, bien évidemment dans la main droite. Il maudit religieusement Hamid, ce bandit fils de scélérat et du même coup sa famille, sa religion et émit en privé des déclarations mettant en doute les orientations sexuelles communément admises du scélérat père de bandits et de prostituées, puisque Hamid n’était en effet qu’un actionnaire de l’entreprise familiale. Il maudit également l’instrument du diable qu’enfourchait ce criminel, une Peugeot 103 SP kitéisée pour les besoins du métier.  Ceci dit, il maudit religieusement sans trop y croire, sans en fait y croire du tout, puisque pour lui, toutes ces questions métaphasiques et théologiques étaient des plus subsidiaires, seule le préoccupait la manière dont il devait se sortir de sa merde natale dans laquelle il continuait à patauger. Un mouchoir souillé était bien palpable, quant à Dieu…Le destin du mouchoir en papier contenant la viscosité qu’on s’est refusé de détailler l’aspect par civilité s’imposa à lui comme une question qu’il résout en balançant son bras en dessous du lit. Il entreprit d’essayer de se rendormir. Fermant les yeux, il ressentit un voile rêche lui couvrir tout le corps ainsi que l’impression d’avoir avalé une quantité de plomb. Il n’eut pas cru que son voyage, qui dura une semaine, allait endommager si profondément son état de santé, mais les perspectives d’avenir qui s’en dégageaient valaient amplement toute cette peinante et hasardeuse entreprise.
Il balaya sa chambre du regard pour se distraire, mais eut bien vite à le regretter, puisqu’il découvrit la présence clandestine d’un lézard lézardant sur le mur en face de ses yeux consternés. Il pensa toute de suite à sa mère, la simple et bénigne vue d‘un de ces reptiles, qui n’était là que pour réguler sa température intérieure, inspirait à la bonne femme le plus profond dégout, sans parler des superstitions selon lesquelles ce paisible animal deviendrait, au contact du sel, l’agent d’une maladie incurable, lberss , auxquelles elle adhérait sans le moindre scepticisme. Tuer le reptile lui semblait être bien plus raisonnable que de tenter de le démystifier auprès de sa mère puisque l’opération serait l’occasion pour cette dernière de lui rappeler qu’il n’était pas médecin et que d’ailleurs; et c’est bien exactement cette constatation – objective - qu’il voulait esquiver; il ne fut même pas foutu d’avoir son bac. Les seules issues qui l’eurent ménagé étaient le contact télépathique ou la mort subite et inexplicable du quadrupède – d’ailleurs l’était-il vraiment, quadrupède ? – mais l’une n’était absolument pas pragmatique et l’autre fort peu probable. L’alternative cruelle, occire discrètement le clandestin ou risquer les foudres verbales de la mère, ne lui laissa aucune marge de manœuvre. Le moment n’est pas à la tergiversation ni au doute méthodique quant au bien fondé des croyances maternelles. Un balai providentiel en situation et position régulières se tenait à l’autre bout de la chambre, à deux mètres et des broutilles. Il prit son courage à une main, car l’autre devait servir à saisir le balai, et se leva, d’un coup. Il senti un virevoltant vertige le prendre, il s’appuya des mollets sur la bordure du lit et de la main libre sur le mur. Il pense maintenant à torturer l’animal.  Le vertige se dissipe ainsi que sa pensée délictuelle et il marche maintenant vers le bout de bois, le saisit et achève d’un coup l’affaire qu’il mit dans un sac plastique destiné à la poubelle.
Il s’assit sur son lit pour se remettre de toute cette agitation. Il a envie de fumer, il a maintenant besoin de fumer et dans ce pays on ne badine pas avec le syndrome de sevrage, si bien que le makhzen veille bien à ce que tout le monde soit bien approvisionné, au prix stationnaire et unitaire d’un dirham, des cigarettes plébéiennes qui portent le nom bien aristocratique de Marquise. Il trouve en en cherchant dans les poches de son futal ce dernier dans un lamentable état : il fallait le cacher de la vindicte de la mère, et réalisa, par la même manœuvre, qu’il ne lui restait plus de clopes. Il devait quitter sa chambre, traverser le séjour, le couloir menant à la porte d’entrée qu’il fallait déverrouiller pour accéder à l’extérieur. Tout cela devrait être exécuté avec la grande discrétion, dans le plus profond mutisme, pour ne pas attirer l’attention de la mère puisqu’il n’était point préparé à l’entretien exhaustif, ayant pour thème le voyage, auquel elle risquait fort de le soumettre. Il palpa visuellement la situation par l’entrouverture de la porte ainsi qu’il huma sonorement le contexte ; l’ambiance était monacale et le bilan, du coup, positif : il pouvait sortir.

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